Les petits rienS du passage en France

Hier soir je prenais l'avion pour la énième fois cette année.

Hier soir, Je quittais la Sierra Léone ou je séjournais depuis un mois, à souffrir le calvaire...

Photo 1 : Aéroport de Freetown / Photo 2 : Plage de Black Johnson, Sierra Léone / Plus de photos ?

Et puis ce matin, aujourd’hui, malgré le fait que mes bagages aient choisis de rester pour un peu plus longtemps au soleil, je retrouve le plaisir de choses qui, avant, me semblaient banales.

 

Ces petits rien d'une routine à laquelle je n’appartiens plus.

 

Au détours des ruelles parisiennes, me perdant en elles et m'attardant à en gouter les moindres détails.Dans l'observation de ceux qui furent mes mes semblables aussi. De la mère pressée au fonctionnaire fatigué, je tente de capter leur regard, de partager un sourire, quelques banalités parfois. Le plus souvent ce sont nos frères africains qui sont le plus enclins à lancer la conversation, aller savoir pourquoi. J'aime à croire qu'ils ressentent en moi un peu  de cette "Africanité" que j'affectionne.

Ou bien les serveurs de nos plus humbles bistrots, pas trop débordés, qui prennent le temps de partager un instant, quelques idées.

 

Mais je me sens parfois bien seul en réalité. Bien seul à apprécier ces petits riens de votre réalité. La joie de pouvoir se retrouver en sécurité, de ne pas avoir à rapporter sur ses moindre faits et gestes. Un bonheur simple que de se laisser porter par les flux de piétons et de retrouver, encore une fois les yeux écarquillés, la beauté de notre patrie bien aimée.

 

Mais alors, pourquoi toujours cette envie, ce besoin de repartir ? D'aller retrouver le calvaire des coupures d'électricité et des douches parfois glacées ?

 

Pour ma part, au moins deux bonnes raisons,

 

La première, avoir l'assurance que je fais du mieux que je peux pour une cause que je partage. C'est une chance que de pouvoir l'affirmer et je ne vois pas trop à l'heure actuelle comment je pourrait me réinsérer dans le tissus de notre société (ou du moins telle qu'elle m’apparait)

 

La deuxième et bien pour tout ces petit riens justement. Pour ne pas perdre leur gouts. Toujours me rappeler que rien ne nous est donné, et que chaque verre d'eau doit être considéré comme une chance par celui qui en bénéficie. Me rappeler que la vie, la chance que j'ai, ne tiennent que du fait que je sois né  un peu plus au nord que ceux dont je tente de contribuer à penser les plaies.

Et de votre côté, avez vous identifier ces raisons qui vous poussent à toujours redécoller ??


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